Les armoiries de la Maison se blasonnent : d'or fretté de sable de dix pièces, au chef de gueules. Ce blasonnement fut fixé par le diplôme du roi d'armes Lefort le 13 octobre 1749 — non point créé à cette date, mais constaté et confirmé dans la forme que les générations fondatrices avaient reçue et que toutes les générations intermédiaires avaient fidèlement transmise. Les actes impériaux successifs, depuis 1007, témoignent de cette continuité sans faille.
La tradition enseigne que chaque élément de cet écu porte une charge mémorielle distincte, et que rien dans les armoiries d'une maison d'immédiateté impériale n'est laissé au hasard ou à la fantaisie. L'émail, le métal, le nombre des pièces, la nature du chef : chacun de ces éléments a été reçu, enregistré et transmis comme un fait, non comme un ornement.
L'or et le sable sont les couleurs de l'Empire — les Reichsfarben — que les usages du Saint Empire réservaient aux seules maisons dont la connexion impériale était ancienne, directe et continue depuis les origines carolingiennes. Leur présence ici n'est point ornement ni revendication : elle rappelle que la Maison de Cerf appartient à la structure constitutive de l'ordre carolingien lui-même, et non à ses marges ou à ses extensions tardives. Une maison qui porte l'or et le sable ne les a pas choisis : elle les a reçus, en même temps que la charge et la responsabilité qui leur sont attachées.
Le fretté de dix pièces n'est point un motif librement choisi ni une approximation commode. Le diplôme de 1749 le fixe expressément à ce nombre, et ce chiffre est la trace dans le métal et l'émail d'un réseau de dix connexions impériales dont les archives conservent la mémoire détaillée. Un fretté générique et décoratif ne se compte pas ; un fretté de dix pièces se lit.
Le chef de gueules, enfin, constitue une pièce d'honneur de concession impériale directe. La coutume héraldique du Saint Empire l'associe au sang versé au service de l'Empire — non à titre métaphorique, mais à titre de mémoire précise d'un sacrifice consenti et enregistré. Les actes en désignent la circonstance avec une exactitude qui ne laisse place à aucune ambiguïté : Jean IV de Cerf, tombé à la bataille de Dommartin le 25 août 1325, durant la guerre des Awans et des Waroux, au service de l'ordre impérial. Le chef de gueules est son monument dans le métal.
Les hommes passent ; l'écu demeure, portant en silence la mémoire de leur service et la dette que les générations vivantes contractent envers ceux qui les ont précédées.